lundi 4 juillet 2011

Docteur, pourquoi la beauté intérieure compte-t-elle plus que la beauté extérieure ?

Ah, mes amis ! Voilà un sujet qui, une fois de plus, est mis à l'honneur par la générosité qui vous caractérise ; puisque ça fait pour beaucoup d'entre vous plus de vingt ans que, chaque jour, vous vous astreignez consciencieusement à conserver votre beauté intérieure dans l'alcool.


Mais venons en au fait. Longtemps je me suis dis : mon petit Helmut, si tu es trop exigeant dans ton choix de radasses, tu risques de rester un bon moment seul dans ton lit, comme un bateau à quai, privé de voile, le mat aussi tendu que solitaire. Je vous assure que, plus d'une fois, mes nuits torrides avaient plus la saveur charcutière que florale. C'était pas trop du style : « Quand la tige du glaïeul fait enfin s'ouvrir la corolle du lys. Le pistil enchanteur du coquelicot rougit et le poids des senteurs s'enivre des échos de cette valse qu'accompagne jusqu'au pollen posé, le sons des cloches mélancoliques du muguet. » C'était plutôt du style : « Dans l'atmosphère glauque des rillettes avariées, un saucisson à l'ail, en silence, avançait. Tout droit est l'objectif de la chipolata. Vers la plat de boudins, d'où suint un liquide gras. Les terrines deviennent moites. La fête peut commencer, enfin il pique une tête dans le pâté forestier. »

En plus ce qui est bien avec les moches, c'est qu'une fois bien bourrées, je veux dire, bien saoules, vers quatre heures du matin, elles abandonnent leur vertu sur l'autel des sacrifices de vos principes. Bien sur avec le temps, ma tactique d'approche de la femelle a évolué. Pour avoir des filles très belles qui étaient susceptibles de dire non, j'applique une technique imparable du trois en un : « Rencontre / Préliminaires / Invitation à la saillie », le tout en une phrase : « Bonjour, moi c'est Helmut. Oh, t'es bonne » Suivi d'une caresse frontale, et hop, dans la chambre.

Alors, pour ceux qui ne sont encore familier avec tous les préliminaires, sachez que la caresse frontale est aussi appelée « coup de boule ».

Mais, au fait, à quoi sert la beauté physique ? Est ce qu'une belle âme a besoin de briller pour être touchante ? Est ce que la générosité a besoin de s'habiller de strasses, pour être efficace ? Non, les vraies valeurs besognent dans l'ombre pour œuvrer plus efficacement au grand jour. Et pur illustrer mon propos, je citerai le célèbre poème laotien, qui évoque de façon très éloquente le sujet :

« Oh toi, mon ami le pêcheur,
Ne commet pas l'erreur de choisir la morue.
C'est vrai qu'elle a l'œil vif et qu'elle frétille du cul.
Mais après trois bouchées, ta prise sera un souvenir et tu seras déçu.
Choisi plutôt le thon, au cœur de tes filets,
Car même s'il est con et souvent mal gaulé,
Il donnera à bouffer à toute ta maisonnée. »

Moralité :

De la beauté physique, tu dois te méfier,
Car elle est éphémère, et ne peut donc durer.
Je dis qu'il serait sot de voir dans l'emballage,
Un intérêt unique, sans ouvrir le bagage.
Vous constaterez maintes fois, plus l'étui est doré,
Plus le contenu, ma foi, a l'air fort désolé.
Souvent belle culotte à dentelles qui ondule,
cache une paire de fesses qui jouissent de ridicule.
La beauté intérieure n'est pas faite d'artifices.
Même sans être glitter, elle donne de la malice.
Bien sur, vous me direz, ne soyons pas maso.
A une belle plante, on peut arroser le pot.
C'est possible de trouver l'être presque parfait,
Beau et bon à la fois, mais n'oubliez jamais :
C'est dans l'éclat de l'œil, la qualité d'écoute et la justesse des mots,
Qu'on reconnaît toujours ceux qui sont vraiment beaux.

Merci.

Illustration de Philppe Geluck

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